Honoré de Balzac...

Un cent d'huitres d'ostende, une paire de perdreaux rôtis, un veau marengo, une sole normande, des entremets et des fruits...Tel est le menu d'un repas d'Honoré de Balzac qui a donné l'idée à l'écrivain Gonzague Saint-Bris et au chef tourangeau Jean Bardet d'écrire Le Bel appétit de Monsieur de Balzac.
Quand il écrit, l'auteur de la comédie humaine ne vit que de mouillettes et d'oeufs à la coque arrosés de litres de café qu'il réalise lui-même le mélangeant trois crus.Mais lorsqu'il passe à table, l'appétit d'Honoré de Balzac ne connaît aucune limite.
"Balzac n'était pas un baffreur, mais au contraire un gourmet raffiné qui appréciait autant les ortolans qu'une tartine beurrée avec des sardines écrasées"raconte Gonzague Saint-Bris.
Attaché à sa Touraine natale, où il reviendra tout au long de sa vie, Balzac apprécie les spécialités de la région qu'il décrit comme "un pâté de foie gras"où l'on est jusqu'au menton avec un vin délicieux qui, au lieu de vous griser, vous bétifie et vous béatifie.Si l'on a calcule que l'écrivain a bu quelque 50.000 tasses de café dans sa vie, il fut surtout un amateur averti du vin de Touraine.A l'issue d'un dîner, Théophile Gautier a ainsi pu décrire la "joviale gourmandise" de son convive qui "buvait d'une façon pantagruéliste".
Balzac est resté fidèle toute sa vie à la "fillette (une petite bouteille locale d'un tiers de litre) de vin blanc du pays" qu'il allait déguster à une buvette de Saché.Dans les illusions perdues, l'auteur a même écrit une chanson à boire : "rions, buvons et moquons nous du reste !"
L'époque d'Honoré de Balzac voit la naissance des restaurants, de la salle à manger dans les maisons bourgeoises, et les débuts de la critique gastronomique, c'est le moment où la littérature ne se contente pas de dire " et ils passerent à table", mais où les auteurs prennent le temps de décrire les repas et leur préparation, si bien que Le Bel appétit de Monsieur de Balzac est une véritable leçon d'histoire de la société française.
